Intervention syndicale unitaire Cgt/Fsu 31. Participation au meeting organisé à l’initiative des organisations de Haute-Garonne : Ensemble !, EELV, GDS, M1717, NPA, PCF, PG

vendredi 20 octobre 2017
par  fsu31
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Un tous ensemble pour l’emploi, qui donne le pouvoir aux salariés !

Voilà 9 ans, le capital déclenchait une des pires crises de son histoire. En 2008, la Cgt, la FSU, disaient, le MEDEF, les actionnaires vont tenter d’utiliser la crise pour accumuler toujours plus de richesses et laisser les travailleurs sur la paille.
En 2017, nous observons que l’argent du travail, celui des contribuables a été mis sur la table pour renflouer les banques sans aucune contrepartie. Les bénéfices des grandes entreprises fructifient grâce à l’argent public.
La France est la 6ème puissance économique mondiale. Son économie n’a jamais été aussi florissante. Les dividendes des actionnaires du CAC 40 dépasseront les 100 milliards d’euros cette année. Un record historique. Notre travail n’a jamais créée autant de richesse.
C’est pourtant le moment qu’ont choisi le MEDEF et le gouvernement à sa solde pour attaquer tous nos droits.
On pourrait penser qu’il y aurait un moment où ils en auraient assez et qu’ils accepteraient d’eux-mêmes de partager une part du gâteau. Mais le capital n’en a jamais assez, et il n’en aura jamais assez.
Il existe un principe simple de la lutte des classes. Plus le MEDEF et les actionnaires s’enrichissent et plus ils attaquent les droits des salariés.
Leur objectif est la mise en œuvre du projet global dénommé « Chantier de refondation » que le Medef a présenté en juin 2000 et dont le fil à plomb était et est toujours le détricotage de tous les conquis sociaux, notamment ceux du Conseil National de la Résistance.
GATTAZ, PINAULT, LAGARDERE, BOLLORE, ARNAULT… les premiers d’une longue cordée de parasites. Nous n’avons pas besoin d’eux pour faire tourner les entreprises.
Si nous les laissions faire, ils finiraient par nous aligner sur les normes sociales du Qatar ou du Bengladesh.
Avec Emmanuel MACRON en représentant fidèle et consciencieux de leurs intérêts, ils voudraient franchir un nouveau cap, refondre le modèle social français en commençant par un de ses piliers essentiels : notre droit du travail.
C’est bien l’objectif des ordonnances.
150 pages pour détruire le code du travail, faciliter les licenciements, précariser les contrats de travail, baisser les salaires et les indemnités de licenciements, augmenter le temps de travail, empêcher les recours et empêcher les salarié-e-s de s’organiser en syndicats.
Des ordonnances qui récompenseront les employeurs qui licencient de manière abusive.
Des ordonnances qui prévoient des licenciements sans motifs, la généralisation des contrats précaires de toute sorte sans indemnisation, des périodes d’essai sans limite, la possibilité de licencier les salarié-e-s lors des cessions d’entreprises, la fin des congés enfants malades, la mobilité imposée, la fin de la prise en charge à 100% des arrêts maladie ou maternité, la fin des 13èmes mois, la suppression des primes de départ à la retraite et des primes d’ancienneté, la fin des aménagements de poste et de temps de travail pour les femmes enceintes, la fin des congés exceptionnels pour évènements familiaux, la suppression des Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail, etc…
Les libéraux réclament déjà l’extension des ordonnances aux fonctionnaires et à la Fonction Publique. Certains points sont d’ailleurs, d’ores et déjà transposables tels quels. On pense à la suppression des CHSCT et à la limitation des droits d’expertise ; à l’augmentation des CDD, de l’intérim, à l’introduction des CDI de chantiers ; à la restriction des congés pour évènements familiaux ; à la remise en cause de l’aménagement du temps de travail pour les femmes enceintes ; la diminution ou la suppression des primes ; la limitation de la négociation sur l’égalité Femme/Homme ; à la mobilité imposée…
Et partout, dans le privé comme dans le public, cette volonté de casser la possibilité pour les salariés de s’organiser, de se syndiquer pour rétablir le rapport de force, gagner la justice sociale !
Comme le MEDEF connaît sa faiblesse, qu’il redoute plus que tout la force de résistance collective des salariés, le gouvernement veut offrir aux employeurs la possibilité d’obliger un ou une salarié-e à signer seul ou seule, de manière individuelle, des accords d’entreprises.
Les ordonnances d’Emmanuel MACRON prolongent et aggravent la loi travail de Myriam EL KHOMRI et François HOLLANDE.
Jeune président, vieilles politiques, les logiques à l’œuvre sont celles qui causent les dégâts que l’on connaît depuis plus de 30 ans, aujourd’hui.
Des années 80 à nos jours, toutes les contre-réformes qui se sont attaquées aux droits des salarié-e-s ont vu le chômage grimper et les crises économiques se succéder avec leur lot de drames personnels. La seule mesure qui ait fait baisser le chômage, c’est la diminution de la durée légale hebdomadaire du temps de travail à 35h00. C’est la seule qui a eu un impact positif sur l’emploi. Les études basses évaluent le gain, en terme d’emplois directs créés, à 350 000.
L’euro empêche les gouvernements de jouer sur la dévaluation des monnaies lorsque les grands patrons veulent, pour leurs profits, faire rivaliser les économies nationales entre elles. La seule solution qui leur reste, c’est de faire baisser les masses salariales.
Nous devons avoir en tête que ces ordonnances sont bien, et avant tout, une machine à faire baisser les salaires.
On a vu cette politique à l’œuvre en Espagne, en Italie, au Portugal, etc… autant de pays pour lesquels on nous raconte que tout va pour le mieux pour les salarié-e-s. Nous, qui sommes frontaliers de l’Espagne, connaissons bien la réalité de la situation dramatique dans laquelle se trouvent nos camarades ibériques. Les résultats des derniers scrutins, tant au Royaume-Uni, qu’en Allemagne, en Autriche ou encore en Catalogne, en disent long quant à la satisfaction sociale des populations concernées.
Mais dans leurs rêves les plus fous, le MEDEF et son gouvernement croupion avec le Président E. Macron en serviteur zélé à sa tête, ne comptent pas s’arrêter là. Ils suppriment les emplois aidés sans proposer aucune solution pour pérenniser les missions sous forme de postes statutaires. Ils veulent diminuer de manière drastique le nombre de fonctionnaires et réduire leurs rémunérations.
Ce nouveau code du travail, n’aurait pas la même portée, pour ses concepteurs et ceux qui le mettent en place s’il n’était accompagné de la contre-réforme de l’assurance chômage, de la contre-réforme des retraites, de la contre-réforme de l’aide au logement, de la suppression des emplois précaires sans pérennisation des missions etc…
1/4 de la population active est déjà fragilisée. La part des CDD, des intérimaires, des CDI de chantiers et des emplois précaires en tout genre ne peut qu’augmenter avec ces ordonnances…
Gouvernement et patronat parient sur le fait que la situation sociale est suffisamment dégradée et le niveau de résistance assez faible pour transformer la société, et en premier lieu la logique de la protection sociale.

L’enjeu consiste à nous faire passer d’un système de sécurité sociale, à un retour à la charité publique.
Remplacer le salaire socialisé, un droit payé et conquis par les salarié-e-s, par le bon-vouloir de l’Etat providence, c’est faire croire que les étudiant-e-s, les privé-e-s d’emplois, les retraité-e-s, ne seraient pas des travailleur-euse-s utiles à la société, mais bel et bien des assisté-e-s redevables aux grands patrons et contrôlables par l’Etat.
Pour nos organisations, la CSG n’est pas et ne peut être une option, même si elle était compensée entièrement.
La sécurité sociale doit être entièrement financée par des cotisations.
Nous partons du principe qu’un droit n’existe que s’il est financé et que le type de financement conditionne la nature du droit.
Etatiser la sécurité sociale, l’assurance chômage, ce serait forcer les salarié-e-s à abandonner la philosophie du « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » pour la remplacer par celle qu’un ministre allemand du travail et des affaires sociales résumait ainsi « Seul celui qui travaille doit pouvoir manger » (Franz MÜNTEFERING, le 9 mai 2006 président du Parti Social-Démocrate allemand, vice chancelier.)
Passer d’une logique de solidarité à un système assurantiel et aboutir à une logique caritative permettrait d’exercer une pression encore plus forte sur les privé-e-s d’emplois. Le but serait de les obliger à accepter de louer leur force de travail dans n’importe quelle condition et à n’importe quel prix. D’ores et déjà, le gouvernement claironne qu’il sanctionnera ceux-elles qui refuseront deux offres d’emplois…
Le patronat français et le gouvernement veulent rattraper le retard que les luttes sociales les ont contraints à accepter par rapport au reste de l’Europe en matière de régression des droits des salarié-e-s. Notre responsabilité, à tous et toutes, est de nous appuyer sur l’existant pour conquérir un modèle social pour la France et pour l’Europe.
En matière de sécurité sociale, comme pour tout ce qui fait progresser la société, les droits ne sont pas à défendre, ils sont à conquérir !
Pour le capital, étatiser la sécurité sociale, dans son financement, dans sa gestion, c’est le plus sûr moyen d’en prendre le contrôle. Les créateurs de la sécu savaient que le seul moyen de la mettre à l’abri de l’emprise du grand patronat, c’était de la préserver de la tutelle de l’Etat en la plaçant sous gestion exclusive des organisations de salarié-e-s.
Il n’est plus besoin de démontrer le lien direct, la proximité consanguine, entre ceux-elles qui détiennent l’outil de production et ceux-elles qui dirigent l’Etat. Ceux-elles qui détiennent le pouvoir économique maitrisent systématiquement le pouvoir politique. C’est ainsi qu’il-elle-s imposent leurs intérêts de classe à la société toute entière.
On le voit d’ailleurs dans l’acharnement avec lequel un Etat guidé par les logiques de rentabilité livre les services publics aux puissances financières et aux marchés privés.
Lorsqu’on a dit cela, force est de nous interroger sur la finalité de notre combat, les rôles respectifs de nos organisations et la manière dont on doit articuler leurs actions.
Le but de notre action, c’est la victoire !
Lorsque la loi est mauvaise, elle n’est pas légitime. La légitimité est toujours du côté des revendications des salarié-e-s. Elle doit être imposée par le rapport de force, dans les lieux de travail et dans la rue.
Un Président de la République porté au pouvoir par 18 % des inscrit-e-s au premier tour et dont le parti a reculé de plus de 2 millions de voix aux législatives, a, peut-être, un permis de gouverner, mais certainement pas la légitimité de casser le modèle social français.
Revendiquer l’émancipation des salarié-e-s, de la jeunesse, des privé-e-s d’emplois, des retraité-e-s et de leurs familles, c’est poser la question de la prise de pouvoir, dans les entreprises, les administrations. L’économie est une chose trop sérieuse pour qu’on la laisse entre les mains du Medef.
Poser la question de l’émancipation politique des travailleuses et des travailleurs, c’est relever un défi historique : celui de la prise de pouvoir des salarié-e-s.
En face d’un président des riches qui programme une « révolution copernicienne » au service de la classe dominante, il est de notre responsabilité, syndicats, partis politiques, associations de dire haut et fort que la révolution, c’est nous !
Il ne peut y avoir de révolution possible qui n’ait pour but de transformer la société en profondeur vers plus de liberté, de bien-être, de solidarité. Nous parlons d’une révolution qui abolisse toute forme d’exploitation et de domination.
Les conservateurs veulent transformer les salarié-e-s en auto-entrepreneurs pour reproduire indéfiniment les privilèges et la misère. Nous sommes les révolutionnaires qui réhabilitons la lutte des classes, la confrontation capital-travail.
En face de nous, le Président de la République, son gouvernement, sa majorité, sont bien plus faibles qu’il n’y paraît. Quatre mois de pouvoir et déjà remis en cause au point de devoir aller toujours plus vite, de passer en force, de se justifier, de donner des gages. Son temps est compté et il le sait.
Il a en face de lui la colère populaire qui gronde, qui ne demande qu’à grandir et se transformer en force.
Pour les salarié-e-s, les choses apparaissent plus claires. Si jusqu’à présent, l’illusion était entretenue d’alternatives possibles selon qu’il-elle-s choisissaient l’un ou l’autre des deux partis de gouvernement, c’est terminé. A partir de maintenant, médias, associations, institutions, jusqu’aux syndicats doivent se déterminer, avec ou contre la majorité gouvernementale.
Par exemple, il n’y a plus qu’une et une seule façon de faire du syndicalisme : permettre aux salarié-e-s de s’organiser pour, en même temps, défendre leurs intérêts immédiats et participer à la transformation de la société.
Toute organisation, quel que soit le nom qu’elle se donne, qui sort de cette définition, non seulement ne relève pas du syndicalisme, mais surtout, ne défend pas les intérêts des salarié-e-s, pire, elle les fait reculer.
La question de l’unité syndicale se pose en des termes nouveaux, dans le contexte actuel. Il est de la responsabilité des syndicats de s’appuyer sur les salarié-e-s pour clarifier la situation et faire avancer le sujet. Il y a des forces à rassembler dans ce pays.
La Cgt, la FSU relèvent le défi de la reconstruction d’un mouvement progressiste au service de l’intérêt des classes populaires, pour gagner une société Démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination.
Les salarié-e-s ont besoin d’un syndicat puissant, qui soit l’expression de leurs revendications et permette l’émergence des luttes qui les feront aboutir.
Ils ont également besoin d’une gauche politique unie et coordonnée qui s’appuie sur l’expérience concrète et quotidienne des masses en mouvement. Qui la prolonge par un projet de société, suivi d’un programme de progrès pour tous et toutes permettant l’accession au pouvoir de la classe inférieure. La démocratie est à conquérir, elle doit regagner la participation des citoyen-ne-s à la vie de la cité, notamment des 60% qui sont, aujourd’hui, volontairement ou non, en dehors.
Parler d’émancipation, c’est toujours poser clairement la question des outils nécessaires pour aider les femmes et les hommes à transcender leur condition. Il ne saurait y avoir d’émancipation sans syndicats, partis politiques, associations, mouvements d’éducation populaire. L’enjeu est de les investir, de les réinventer, de leur permettre de coller aux attentes, chacun dans son champ de responsabilité et d’activité, excluant toute concurrence stérile et dangereuse.
Le tous ensemble pour gagner ne se décrète pas. Ni de Toulouse, ni de Paris. Il se construit, étape par étape. Chacun dans son rôle.
Nous remercions les organisateurs qui ont choisi d’inviter les syndicats. Solidaires n’a pu répondre présent, mais nous confirmons que nos trois organisations, Cgt, FSU, Solidaires, unissent les salarié-e-s dans les luttes et cherchent à élargir encore le rassemblement.
Nous croyons à l’unité d’action dans le but d’atteindre le rassemblement le plus large sur des contenus et des objectifs clairs. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, notre département élargi l’action commune aux organisations de jeunesse, notamment l’UET et l’UNEF.
Aussi nous nous félicitons de l’initiative qui se tient ce soir et que la première déclinaison de cette démarche nationale de rassemblement entre partis et syndicats se tienne à Toulouse. En Haute-Garonne, le travail rassemblé syndicats, partis, associations est une tradition initiée depuis de nombreuses années, cela explique sans doute le haut niveau de mobilisation aussi bien dans les entreprises et les services que lors des journées nationales d’action. Nous avons encore pu le mesurer aujourd’hui.
C’est l’action et l’unité dans les luttes qui mèneront à la victoire !


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